Vous perdez encore contre un rameur ? Arrêtez de vouloir prouver que vous jouez mieux
Votre coup droit fait plus mal. Pourtant, c’est lui qui mène. Le plus agaçant, c’est qu’en voulant frapper toujours plus fort, vous lui offrez peut-être exactement le match qu’il attendait.

Vous êtes mené 3–5 et le compte rendu du match est déjà prêt. L’autre ne donne aucun rythme. Il remet tout en cloche. Vous attaquez, il court, et la balle revient encore. Vous avez joué au tennis ; lui s’est contenté de courir. L’explication soulage, mais elle évite la seule question capable de changer le résultat la prochaine fois : lequel de vous deux a le plus souvent frappé dans des conditions confortables ?
Un bon défenseur n’a pas besoin de gagner un concours d’élégance. Si vos accélérations lui arrivent dans sa trajectoire de course et si votre impatience finit par envoyer une balle derrière la ligne de fond, tout fonctionne pour lui. Il ne s’agit donc ni de renoncer à attaquer ni de frapper encore plus fort. Il faut distinguer deux choses : avoir fait un geste offensif et avoir réellement mis l’adversaire en difficulté.
Oubliez un instant l’étiquette, regardez le joueur
Le mot « rameur » mélange plusieurs profils. Certains se déplacent très bien latéralement, mais détestent avancer. D’autres utilisent votre vitesse et peinent à en produire eux-mêmes. D’autres encore visent simplement de grandes zones, tout en sachant parfaitement sanctionner une balle courte. Ce ne sont pas les mêmes problèmes. « Je dois attaquer davantage » reste un projet trop vague pour les résoudre.
Regardez la réponse, pas seulement l’endroit où votre balle rebondit. Après votre coup droit croisé profond, l’adversaire frappe-t-il tranquillement devant lui ou doit-il relever la balle en reculant ? Quand vous ralentissez, avance-t-il ou attend-il qu’elle arrive ? Lorsqu’il revient vers le centre, peut-il repartir facilement dans l’autre sens ? La faiblesse utile n’est pas le coup qui paraît disgracieux. C’est la situation qui produit régulièrement une frappe inconfortable.
Dans ses conseils pour affronter un défenseur très mobile, l’USTA propose notamment de jouer à contre-pied et d’attirer l’adversaire au filet. Ces deux idées ont un point commun : elles modifient son déplacement et sa position. Elles n’exigent pas un coup droit plus puissant. Elles lui posent une autre question que celle à laquelle vous l’avez laissé répondre facilement depuis le début du match.
Le court ouvert n’est pas toujours la bonne cible
Une balle croisée a repoussé l’adversaire au-delà de la ligne de simple. L’autre moitié du court est libre. Si vous pouvez conclure proprement, profitez-en. Mais un défenseur rapide peut déjà sprinter vers cet espace alors que vous préparez encore votre frappe. Avec un point d’impact bas ou tardif, chercher à tout prix l’angle opposé risque de transformer votre avantage en faute directe.
La solution n’est pas de jouer systématiquement derrière lui. Il faut d’abord lire son replacement. S’il s’est franchement engagé vers le centre, une balle maîtrisée dans la zone qu’il vient de quitter peut l’obliger à freiner, à se réorganiser et à repartir sans le confort d’une course continue. Vous utilisez votre avantage pour déséquilibrer plutôt que pour frôler une ligne. En revanche, s’il n’a pas encore entamé son retour, cette même balle revient simplement dans sa raquette. Le moment compte davantage que la recette.
Voilà pourquoi la deuxième balle d’attaque mérite autant d’attention que la première. Un bon coup croisé peut provoquer une réponse courte sans ouvrir un coup gagnant évident. En traitant toute balle courte comme une invitation à finir, vous annulez le bénéfice de votre construction. Entrez dans le court, gardez de la marge et cherchez une nouvelle frappe difficile pour l’adversaire. Un point peut être offensif sans comporter le moindre coup spectaculaire.

Monter au filet demande du placement, pas une déclaration de courage
« Tu n’as qu’à monter » est parfois le conseil le plus coûteux dans ce match. Si vous frappez votre approche en déséquilibre, laissez une grande ouverture et continuez à courir au moment où l’autre joue, un passing ordinaire peut suffire. Vous en concluez alors que le filet ne vous convient pas. Pourtant, le problème se trouvait peut-être dans la balle choisie pour monter et dans votre position à l’arrivée.
L’entraîneur de l’USTA Ben Zaiser articule la montée en simple autour de la géométrie, du placement et de la situation adéquate. Posez-vous les questions dans cet ordre : puis-je jouer mon approche en équilibre, à l’intérieur du court ? Quel passing ma trajectoire rend-elle le plus accessible ? Ai-je le temps d’atteindre une position de volée utile et de me stabiliser avant la réponse ? Si les réponses sont mauvaises, construire une balle supplémentaire du fond n’est pas un manque d’audace. C’est conserver l’avantage déjà obtenu.
Une approche le long de la ligne simplifie souvent l’espace à couvrir. Ce n’est pourtant pas une règle absolue. Le point de frappe adverse, votre élan et la qualité de votre balle restent déterminants. Une approche croisée qui oblige réellement le défenseur à s’étirer ne ressemble en rien à une balle croisée flottante qui lui laisse du temps et un angle net. Jugez la balle jouée, pas seulement le nom de sa direction.
Attirer le défenseur vers l’avant constitue une autre piste. Une balle plus courte et plus basse demande du toucher, de la longueur et une décision suivante à quelqu’un qui préfère le confort du fond. Mais une amortie tentée depuis une position défensive peut devenir un cadeau. Choisissez-la lorsque vous maîtrisez votre frappe, puis préparez déjà la réponse. Si l’adversaire arrive facilement et volleye bien, vous avez découvert quelque chose : ce n’est pas la faiblesse sur laquelle il faut continuer à miser.
Ne confondez pas la qualité du choix et le résultat du point
Un superbe passing ne suffit pas à condamner une bonne montée. De la même façon, un coup gagnant heureux ne transforme pas un changement de direction imprudent en décision raisonnable. Pendant un set d’entraînement, notez brièvement quatre éléments : la balle que vous avez choisi d’attaquer, votre équilibre à la frappe, la difficulté de la réponse adverse et l’issue du point. Vous apprendrez bien davantage qu’en écrivant seulement « gagné » ou « perdu ».
| Ce qui se répète | Ce qu’il faut examiner |
|---|---|
| Le défenseur vous passe régulièrement | Votre approche était-elle profonde ou vraiment gênante ? Étiez-vous stabilisé lorsqu’il a frappé ? |
| Vous ratez la première balle courte | Était-elle à une hauteur exploitable, ou seulement courte ? Avez-vous exigé un coup gagnant ? |
| Le contre-pied ne fonctionne plus | L’adversaire a-t-il cessé de se replacer trop tôt ? Le court ouvert est peut-être redevenu disponible. |
| Votre balle courte l’attire au filet | Pouvez-vous lui faire jouer une volée sous le niveau du filet, ou lui offrez-vous une finition facile ? |
Gardez des ambitions raisonnables pour cet exercice. Quelques points apportent un indice tactique, pas une démonstration statistique valable contre tout le monde. Le but est de remplacer une explication émotionnelle par une situation observable. Vous pourrez ensuite travailler le coup manquant : une approche sur balle basse, une première volée maîtrisée ou un changement de direction derrière un joueur qui se replace, dans un contexte proche du match.
Cette méthode évite aussi de demander au matériel de régler un débat qui ne le concerne pas. Si votre cordage a réellement changé de comportement depuis la dernière séance, notez-le et examinez-le. Mais un cordage neuf ne lira pas à votre place le moment où l’adversaire repart vers le centre. Modifiez votre montage pour résoudre un problème matériel reproductible, pas pour sauver une explication tactique à court d’arguments.
La revanche devrait devenir moins personnelle
Vous n’êtes pas obligé de battre le joueur le plus patient du club dans un concours de longueur d’échange, ni de prouver la supériorité de votre tennis d’attaque. Donnez-vous une mission plus précise : repérer la frappe qu’il n’aime pas, créer cette situation avec de la marge et reconnaître les moments où la balle suivante sert encore à construire. Certains jours, ce sera le contre-pied. D’autres, quelques montées bien choisies ou une invitation à venir jouer devant.
S’il adapte son jeu, votre plan commence à fonctionner. Vous échangez enfin des décisions au lieu de répéter votre coup préféré jusqu’à la faute. Le meilleur bénéfice d’une victoire contre un défenseur n’est pas de pouvoir dire qu’il « ne joue pas vraiment au tennis ». C’est de découvrir que votre propre jeu contient davantage de solutions que la seule frappe que vous aviez envie de réussir.
Sources et lectures complémentaires
TENNIS TENSION LAB
Vérifiez aujourd’hui la tension de votre raquette.
Obtenez une mesure précise en moins de 10 secondes. Tension Lab suit l’évolution depuis la première mesure et vous aide à voir quand il est temps de recorder.
- Mesurez précisément la tension du cordage. En moins de 10 secondes.
- Chaque évolution des sensations, clairement enregistrée.
- Il est temps de recorder ? Ne laissez plus rien au hasard.